OPEP+ prolonge ses coupes volontaires de 2,2 millions de barils par jour jusque fin 2026
L'alliance OPEP+ confirme la reconduction de ses réductions volontaires de production jusqu'à fin 2026, soutenant le Brent autour de 82 USD et impactant les marges des raffineries belges.
L'OPEP+ a annoncé ce week-end la prolongation de ses coupes volontaires de production de 2,2 millions de barils par jour jusqu'au 31 décembre 2026. Cette décision, prise lors de la réunion ministérielle de Vienne, implique principalement l'Arabie saoudite (1 million de bpj), la Russie (500.000 bpj) et six autres membres dont l'Irak, les Émirats arabes unis et le Koweït. Le ministre saoudien de l'Énergie, le prince Abdulaziz ben Salmane, a justifié cette reconduction par la nécessité de maintenir la stabilité du marché face aux incertitudes économiques persistantes.
Les marchés ont réagi positivement à cette annonce. Le Brent a progressé de 2,3% pour atteindre 82,40 USD le baril, tandis que le WTI s'est établi à 78,90 USD. À Anvers, les cotations spot du gasoil ont également suivi cette tendance haussière, avec une hausse de 18 € par tonne métrique en quarante-huit heures. Cette dynamique pèse directement sur les stations-service TotalEnergies en Belgique, où le prix maximum du diesel a été révisé à la hausse par le SPF Économie pour atteindre 1,789 €/litre.
L'impact géopolitique de cette prolongation est considérable. Riyad et Moscou renforcent leur partenariat stratégique au moment où Washington pousse pour une augmentation de l'offre afin de contenir l'inflation. Pour l'Union européenne, cette décision complique les efforts visant à reconstituer les stocks stratégiques avant l'hiver 2026-2027. Le commissaire européen à l'Énergie a indiqué que Bruxelles surveillerait attentivement les flux à destination des terminaux d'Anvers et de Rotterdam.
Pour le Port d'Anvers-Bruges, deuxième hub pétrochimique européen, cette politique de restriction modifie la structure des approvisionnements. Les capacités de stockage de brut au cluster Antwerp Tank Storage Association (ATSA) affichent un taux d'utilisation de 87%, contre 79% l'an dernier. Les négociants comme Vitol et Gunvor anticipent une structure de marché en backwardation prolongée, défavorable au stockage spéculatif mais favorable aux raffineurs intégrés comme TotalEnergies Raffinaderij Antwerpen.
Les analystes de Goldman Sachs et de la Banque ING Belgique estiment que le maintien de ces coupes pourrait soutenir le Brent dans une fourchette de 80 à 90 USD durant tout 2026. Cette perspective renforce les arguments en faveur d'une accélération de la transition énergétique en Belgique, où la facture pétrolière représente encore 4,2% du PIB. Le gouvernement fédéral a confirmé qu'il évaluait une éventuelle libération coordonnée de réserves stratégiques avec l'Agence internationale de l'énergie si les prix dépassaient durablement le seuil de 95 USD.
Sur le plan industriel, les pétrochimistes flamands comme INEOS et Borealis expriment leur inquiétude face à la hausse durable des coûts du naphta. La marge raffinage NWE (Nord-Ouest Europe) reste néanmoins solide à 11,30 USD le baril, ce qui devrait permettre aux installations belges de maintenir un taux d'utilisation supérieur à 92% au premier semestre 2026.