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GNL: les États-Unis dépassent le Qatar en 2026 avec la mise en service de Plaquemines

Por Equipe Oilxa ·

Avec le démarrage de Plaquemines LNG, les États-Unis deviennent le premier exportateur mondial de gaz naturel liquéfié devant le Qatar, redéfinissant l'équilibre gazier européen.

La mise en service progressive du terminal Plaquemines LNG, exploité par Venture Global en Louisiane, propulse les États-Unis au rang de premier exportateur mondial de gaz naturel liquéfié en 2026. Avec une capacité totale de 27,2 millions de tonnes par an une fois pleinement opérationnel, ce site rejoint Sabine Pass, Corpus Christi et Calcasieu Pass, portant la capacité américaine totale d'exportation à plus de 130 millions de tonnes annuelles, devant les 126 millions de tonnes du Qatar.

Pour l'Europe, et indirectement pour la Suisse, ce basculement est structurant. Depuis l'interruption massive des livraisons par gazoduc russe en 2022, le Vieux Continent dépend du GNL américain pour environ 55% de ses importations. Les hubs néerlandais (TTF), italien (PSV) et autrichien (CEGH) déterminent désormais le prix du gaz acheminé en Suisse via les interconnexions de Wallbach et de Griespass. Le TTF se stabilise autour de 32 euros par mégawattheure, soit environ 30 francs.

Les négociants genevois - particulièrement Vitol, Gunvor et BB Energy - ont massivement développé leurs équipes gaz et GNL. Vitol a signé un contrat d'achat à long terme de 1,2 million de tonnes par an avec Venture Global, conforté par une flotte de méthaniers affrétés ou détenus. Le contrat type intègre désormais une indexation hybride Henry Hub plus marge fixe, réduisant l'exposition à la volatilité du JKM (Japan-Korea Marker).

L'industrie suisse profite de la stabilisation des prix. Les groupes chimiques bâlois et les cimentiers comme Holcim, dont les fours brûlent du gaz naturel, voient leurs coûts énergétiques se réduire de près de 18% par rapport au pic de 2022. Cependant, la facture reste 2,5 fois plus élevée qu'aux États-Unis, où le Henry Hub se négocie autour de 3,40 dollars par MMBtu, contre près de 10 dollars équivalents à Rotterdam.

La Suisse, qui n'a pas de terminal GNL propre, dépend totalement de l'infrastructure européenne. Les projets allemands (Brunsbüttel, Stade) et italiens (Piombino, Ravenne) sécurisent indirectement l'approvisionnement helvétique. Swissgas et Gaznat coordonnent les approvisionnements pour assurer la continuité, particulièrement en hiver, lorsque la demande peut grimper jusqu'à 100 millions de mètres cubes par jour à l'échelle nationale.

Le revers du décor concerne le bilan carbone. Le GNL américain, souvent issu de gaz de schiste, présente une empreinte méthane élevée. Le mécanisme européen MRV gaz et le règlement UE 2024/1787 imposent désormais une déclaration stricte des émissions amont, ce qui pousse les producteurs comme Cheniere et Venture Global à investir dans la détection satellitaire des fuites.

À l'horizon 2028, plusieurs nouveaux projets américains (Rio Grande LNG, Port Arthur) ajouteront encore 60 millions de tonnes de capacité. Pour la Suisse et l'Europe, cette abondance devrait peser à la baisse sur les prix du gaz et soutenir la compétitivité industrielle, à condition que les chaînes logistiques résistent aux tensions géopolitiques.

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