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Les exportations américaines de GNL dépasseront celles du Qatar en 2026 avec Plaquemines

Por Equipe Oilxa ·

La mise en service progressive du terminal Plaquemines LNG en Louisiane propulse les États-Unis devant le Qatar comme premier exportateur mondial de GNL, sécurisant l'approvisionnement européen.

Les États-Unis sont en passe de devenir officiellement le premier exportateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL) en 2026, dépassant définitivement le Qatar grâce à la montée en puissance complète du terminal Plaquemines LNG de Venture Global en Louisiane. Avec une capacité finale de 27 millions de tonnes par an (Mtpa), Plaquemines portera la capacité totale d'exportation américaine à 145 Mtpa, contre 130 Mtpa pour le Qatar dont l'expansion du North Field ne sera pleinement opérationnelle qu'en 2027-2028.

Le terminal Plaquemines, situé à l'embouchure du Mississippi, utilise une technologie modulaire innovante développée par Baker Hughes, permettant des coûts de construction inférieurs de 30% par rapport aux terminaux conventionnels. Venture Global a signé des contrats à long terme avec ENGIE, Shell, EDF, ExxonMobil et Sinopec, dont une partie significative des volumes est destinée au marché européen, principalement via les terminaux de Zeebrugge, Rotterdam et Dunkerque.

Pour la Belgique, le terminal GNL de Zeebrugge exploité par Fluxys joue un rôle clé. En 2025, Zeebrugge a importé 8,4 millions de tonnes de GNL américain, soit 47% de ses importations totales. Cette part devrait monter à 55% en 2026 grâce aux nouveaux flux Plaquemines. Le hub gazier belge ZTP (Zeebrugge Trading Point) bénéficie de cette dynamique avec des volumes échangés en hausse de 22%, consolidant son rôle de référence pour les transactions gazières en Europe du Nord-Ouest.

Le marché européen profite directement de cette abondance américaine. Le prix TTF, référence européenne, s'est stabilisé autour de 32 €/MWh, soit nettement en dessous des pics de 2022-2023. Cette détente permet aux industriels belges, notamment dans la chimie (BASF, Solvay, Yara) et la métallurgie (ArcelorMittal Gent), de retrouver une compétitivité partiellement érodée. Fluxys a également étendu ses capacités de reverse flow vers l'Allemagne et la France, renforçant le rôle pivot de la Belgique dans la sécurité énergétique européenne.

Cependant, la dépendance accrue envers le GNL américain soulève des questions stratégiques. L'administration américaine a temporairement suspendu en 2024 les nouvelles autorisations d'exportation avant de les réautoriser, créant une volatilité réglementaire préoccupante pour les acheteurs européens. De plus, l'empreinte carbone du gaz de schiste américain, incluant les émissions fugitives de méthane lors de l'extraction et de la liquéfaction, fait l'objet de débats dans le cadre de la directive européenne sur le méthane adoptée en 2024.

La Commission européenne a entamé des discussions avec Washington pour établir des standards de mesure et de réduction des émissions de méthane sur l'ensemble de la chaîne GNL. Pour la Belgique, dont 28% du mix énergétique reste dépendant du gaz naturel selon le Plan national énergie-climat, garantir un approvisionnement stable et progressivement décarboné constitue un enjeu prioritaire d'ici 2030. Les analystes d'ING anticipent que le GNL américain restera structurellement compétitif tant que le prix du Henry Hub se maintiendra sous les 5 USD/MMBtu.

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