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Pré-sel brésilien : Petrobras franchit le cap des 2,5 millions de barils par jour

Por Equipe Oilxa ·

La production des champs sub-salifères brésiliens dépasse pour la première fois 2,5 millions de bpj, consolidant le rôle de Petrobras comme fournisseur clé du marché belge en bruts moyens.

Petrobras a annoncé que sa production issue des champs pré-sel a franchi pour la première fois le seuil symbolique des 2,5 millions de barils par jour en avril 2026, une étape majeure pour le programme pétrolier brésilien lancé en 2006. Le champ de Búzios, dans le bassin de Santos, contribue à lui seul à hauteur de 920.000 bpj, suivi par Tupi (780.000 bpj) et Mero (340.000 bpj). Cette performance positionne le Brésil comme cinquième producteur mondial, devant le Canada.

Le PDG de Petrobras, Magda Chambriard, a souligné lors de la conférence à Rio de Janeiro que ce résultat est le fruit de quinze ans d'investissements dépassant 180 milliards USD. La compagnie nationale prévoit d'atteindre 3,2 millions de bpj d'ici 2028 grâce à la mise en service de huit nouveaux FPSO (Floating Production Storage and Offloading), notamment l'unité Almirante Tamandaré sur le champ Búzios, dotée d'une capacité de 225.000 bpj.

Pour le marché européen, l'expansion brésilienne représente une diversification précieuse. Les bruts pré-sel comme le Búzios et le Tupi présentent des caractéristiques moyennes (API 28-30°, soufre 0,3-0,5%) particulièrement adaptées aux raffineries complexes du nord-ouest européen. Le terminal pétrolier d'Anvers a réceptionné en 2025 près de 14,2 millions de barils brésiliens, un volume en hausse de 38% par rapport à l'année précédente.

TotalEnergies, partenaire historique de Petrobras dans plusieurs blocs (notamment Lapa et Iara), oriente une part croissante de ses cargaisons brésiliennes vers ses installations belges. Selon les données de Kpler, environ 11% des bruts traités à la raffinerie d'Anvers proviennent désormais de l'offshore brésilien, contre seulement 4% en 2020. Cette tendance compense la disparition progressive des bruts vénézuéliens et angolais des approvisionnements belges.

Les défis demeurent toutefois importants. La profondeur des réservoirs (plus de 5.000 mètres sous la surface marine) et la couche de sel de 2.000 mètres d'épaisseur imposent des coûts de développement élevés. Petrobras a néanmoins réduit son seuil de rentabilité à 35 USD/baril pour les nouveaux développements, ce qui en fait l'un des bassins offshore les plus compétitifs au monde, devant la mer du Nord et le Golfe du Mexique.

Sur le plan géopolitique, le gouvernement Lula a maintenu sa politique de contenu local (Local Content Policy) tout en facilitant l'entrée des partenaires étrangers. Shell, Equinor, BP et TotalEnergies sont tous impliqués dans les nouveaux cycles d'enchères de l'ANP (Agence nationale du pétrole). Pour la Belgique, l'enjeu est double : sécuriser l'approvisionnement de la raffinerie d'Anvers, qui traite 360.000 bpj, tout en respectant les ambitions climatiques européennes. Les analystes de la KBC estiment que le pétrole brésilien jouera un rôle de transition crucial dans la décennie à venir, particulièrement pour la production de distillats moyens destinés au transport maritime et à l'aviation, deux secteurs où la décarbonation reste complexe.

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